Manifestation du 12 octobre 2002 à Guingamp

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texte d'appel

photos de la manif

HALTE AUX JURIDICTIONS D’EXCEPTION !

Argad ar yaouankiz, CARB Guingamp, Collectif de femmes, Comité Breton pour la Démocratie et les droits de l’homme, CBIL (Coordination pour une Bretagne Indépendante et Libertaire), CNT 22-29-56, Debarae, Emgann, Jes Futuro-Fédération Anarchiste, LCR 22, 100% à gauche Guingamp, Réseau des Bretons de l’Etranger, Réseau No Pasaran Bretagne, SLB (Sindikad Labourerien Breizh), UDB Guingamp, UDB Kreiz-Breizh

D’ici quelques jours les premiers prisonniers politiques Bretons entameront leur 4ème année de détention « provisoire ».Aucun des sept n’a été jugé. Autant dire qu’ils ont déjà été condamnés sans procès.

CA SUFFIT !

De nombreuses organisations politiques, des citoyens Bretons et d’ailleurs, des personnalités et des élus se sont émus de leur sort et ont réclamé à plusieurs reprises dans la rue ou par voie de presse leur remise en liberté. La Ligue des Droits de l’Homme de Flandres, le ministre des affaires étrangères du gouvernement Flamand lorsque la Belgique présidait le Parlement européen, ont fait part de leurs réserves face à cette situation de plus en plus insupportable.

A eux tous ces prisonniers ont effectué plus de 16 années de détention « provisoire » sans aucune forme de jugement et sans aucune perspective de procès rapide. Leurs familles et avocats doivent effectuer des centaines de kilomètres pour les voir rapidement, ce qui leur occasionne des frais immenses. La France est réguliérement condamnée par la Cour Européenne des droits de l’homme, pour procédure trop longue : une quarantaine de fois en 2001, et 44 fois depuis le début de cette année.

Malgré l’avis du procureur en charge de son dossier, le militant indépendantiste Breton Gaël Roblin est toujours maintenu en détention. Le procureur lui-même estime dans ses réquisitions écrites qu’il n’y a aucun élément justifiant la poursuite de son incarcération. Le juge d’instruction, lui, met en avant dans ses écrits pour demander le maintien de Gaël Roblin en détention, « l’influence incontestable de Roblin au sein du mouvement indépendantiste ». Quant à Gérard Bernard l’ordonnance de rejet de demande de mise en liberté est motivée par « sa volontée affichée de poursuite de cette lutte culturelle, politique et syndicale » (Chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris). En effet Monsieur Bernard fait partie du comité CGT de Lutte pour l’Emploi du pays de Lorient.

Il nous semble donc parfaitement établi que nous nageons là en plein délit d’opinion pour ne pas dire en plein délit de militantisme. Ces deux exemples illustrent bien le caractère politique de cette détention provisoire. Nous nous devons de réagir pour que cesse cette situation arbitraire, symptomatique au delà du cas individuel de Roblin et Bernard, du traitement qui est réservé depuis plus de deux ans aux prisonniers politiques Bretons détenus en région parisienne. Rappelons qu’en décembre 2001 la Ligue des Droits de l’Homme par la voix de son porte-parole Michel Tubiana affirmait que l’ensemble du traitement des procédures à l’encontre des militants indépendantistes Bretons se situait « aux limites de l’arbitraire ». Cette limite nous semble désormais franchie.

Si nous pensons que l’incarcération de sept militants Bretons est une conséquence de la situation politique en Bretagne, nous n’en sommes pas moins conscients que l’allongement des procédures qui nous conduit à la situation d’aujourd’hui, où des juges tout puissants se payent le luxe de maintenir officiellement quelqu’un en détention en raison de son engagement public et légal, est également dû au fait que cette législation d’exception (contestée tout de même par le Syndicat de la Magistrature qui demande son abrogation !) rogne de plus en plus sur les libertés publiques afin de contrôler et réprimer toute forme de contestation politique et sociale.

Quelle que soit notre opinion sur la pertinence de leurs choix politiques il ne nous semble pas acceptable que quelqu’un soit privé de liberté en raison de ses idées .

carbgwengamp@voila.fr

Lors de notre réunion de section de Morlaixde la Ligue des Droits de l'Homme, ce mercredi 9 octobre, nous avons pris connaissance de votre appel à manifester le samedi 12 octobre prochain. Nous tenons à nous associer à vos revendications, tout particulièrement en ce qui concerne

- les abus des mesures de détention provisoires
- les dangers et les dérives qu'occasionnent les juridictions d'exception.

Nous nous tenons à votre disposition pour toute information concernant le sort de ces prisonniers politiques bretons.

Pour la section
Marie-Anne

Ligue des droits de l'Homme du Pays de Morlaix